Une intime conviction, un film fort sur la justice

 

Hasard du calendrier, l'avocat Eric Dupond-Moretti, au théâtre de la Madeleine à Paris jusqu'au 22 février,  est aussi dans les salles, dès aujourd'hui, sous les traits d'Olivier Gourmet pour "Une intime conviction". Un film fort sur l'affaire Suzanne Viguier, disparue en 2000 à Toulouse et dont le mari, professeur de droit était soupçonné de meurtre. Eric Dupond-Moretti avait plaidé son innocence.

"Ce film est fantastique car c'est l'apologie du doute qui, dans cette affaire, a été respectée" déclarait l'avocat à la sortie de l'avant-première. Dans ce film, sont démontés les mécanismes qui amènent au doute. "L'intime conviction est basée sur la preuve", déclare t'il sous les traits du comédien.

C'est donc Nora, incarnée par une Marina Foïs convaincante et personnage fictif de l'histoire  qui va solliciter l'avocat pour une reprise de l'affaire. Jeune femme volontaire, travaillant dans la restauration, elle est convaincue de l'innocence du mari de la victime qui n'a jamais été retrouvée. Elle va s'investir jour et nuit, corps et âme dans la transcription d'écoutes téléphoniques, plonger dans l'enquête qui mène au doute de la culpabilité.

"Il faut tout retranscrire. Repérez bien les interlocuteurs" lui dit l'avocat dans le film. De post-it collés sur le mur du salon, en nuits blanches, elle remonte le fil des conversations, identifie les interlocuteurs, hantée par cette affaire et surtout pressée par le temps.

C'est grâce au travail de fourmi et méthodique de Nora, qu'on peut mieux comprendre ce qui précède une plaidoirie. Moments déterminants où l'avocat interroge les protagonistes de l'histoire puis instant ultime où il plaide l'innocence. "L'accusation est basée sur une hypothèse. Le doute n'est pas une possibilité, c'est toutes les possibilités", assure l'avocat dans le film.

Et d'entendre le talent oratoire et les expressions qui font mouche:  "Ce procès est un concours Lépine de l'hypothèse, c'est un procès kafkaïen". Et de dénoncer l'injustice "J'ai honte!" clame t'il devant la Cour.  Puis s'adressant aux jurés: "La justice est la signature de ceux qui la rendent" .

Pour incarner le ténor du barreau, Olivier Gourmet a beaucoup écouté, observé l'avocat, sa gestuelle, ses silences. Et l'a suivi quelques jours dans les prétoires.

Si vous voulez donc découvrir le travail de fourmi de l'avant-plaidoirie, ce film réalisé par Antoine Raimbault a tout son sens. Et pour mieux connaître Eric Dupond-Moretti, comprendre son approche, là, aucun doute... allez le voir au Théâtre de la Madeleine.

 

Marie-Hélène Abrond

 

 

 

Une intime conviction

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