Il est de ces rendez-vous télévisés qu'on ne veut pas manquer. Des rendez-vous pour honorer la mémoire, le talent, l'engagement. Jean Ferrat nous a quittés il y a presque dix ans. Michel Drucker lui consacre un "Vivement Dimanche" spécial dimanche 10 mars à 14h10. Un moment chaleureux, émouvant , presque intime en chansons et avec le témoignage de ses proches.

Jean Ferrat était un homme rare et un artiste engagé. Lorsque vous le rencontriez pour la première fois afin de l'interviewer, il avait ce regard chaleureux, bienveillant et sensible de ceux qui savent accueillir avec simplicité. Le plus impressionné, ce ne pouvait être que vous, le journaliste arrivant avec vos questions devant le parcours de cet auteur, compositeur, ami d'Aragon. Et pourtant, très vite, la conversation s'installait sensible, révoltée, s'interrogeant tour à tour sur l'évolution de la société, les injustices, la politique, la vie. Un échange, un vrai.

Les chansons de Jean Ferrat appartiennent au patrimoine de la chanson française. Doit-on rappeler le parcours atypique de l'homme pour mieux comprendre la source de ses engagements et de ses chansons ?

Né en 1930, Jean Tenenbaum, juif d'origine russe ne reverra jamais son père déporté à Auschwitz pendant la Seconde Guerre mondiale. Lui même, enfant, est caché, un temps par des militants communistes pour échapper à la Shoah. Après la guerre et devant le besoin d'aider sa famille, il est employé comme aide-chimiste.

La chanson ne commencera que dans les années 50 où il se produit dans les cabarets. Admirateur de Louis Aragon, Jean Ferrat pose sa musique pour la première fois sur le poème "Les Yeux d'Elsa". Gérard Meys, son producteur, commence à travailler pour lui en 1959. 50 ans de fidélité et d'amitié s'ensuivront. Et 1962 marquera la rencontre artistique avec Isabelle Aubret. Une amitié indéfectible

Des galas,  il en fera beaucoup, jusqu'à 300 par an et parfois 15 jours dans une même ville où afflue le public. Le Palais des Sports de 1972, année de ses adieux à 42 ans est l'un des plus mémorables. Véronique Estel, fille de Christine Sèvres, première épouse de Jean Ferrat et Isabelle Aubret le rappelleront dimanche "Lors de ce spectacle, Jean avait décidé de demander à la production de mettre les places à un prix qui permettrait aux moins riches d'accéder à la salle, à l'époque 5 francs." Un engagement qui exprime la personnalité, riche, discrète de l'homme qui vivait pleinement en Ardèche, à Antraigues-sur-Volane, le lieu qui l'avait inspiré pour"La Montagne".

Dans l'émission qui lui est consacrée, vous retrouverez Isabelle Aubret, interprétant "Ma France" dont le texte évoque toutes les facettes de notre pays en poésie mais aussi "Nuit et brouillard", en référence à la Shoah avec Marc Lavoine. Didier Barbelivien sera présent et vous pourrez voir de nombreux extraits sur l'artiste, l'homme, sa vie.

Une émission à ne pas manquer. 

Marie-Hélène Abrond

 

 

 

 

 

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