Louise Pikovsky, des lettres pour la Mémoire.

Si Anne Frank avait croisé le chemin de Louise Pikovsky, on aurait pu imaginer de longs échanges sur la vie, le comportement humain, l'amitié, l'amour, le bonheur, les peurs mais aussi une volonté farouche de croire en l'avenir. Comme Anne Frank, la haine a fauché la jeune vie de Louise Pikovsky en 1944. 

Journaliste à France 24, Stéphanie Trouillard évoque cette histoire émouvante et tragique à travers une bande dessinée destinée aux jeunes générations mais aussi avec les traces écrites de la jeune fille.

"Nous sommes tous arrêtés. Je vous laisse les livres qui ne sont pas à moi et aussi quelques lettres que je voudrais retrouver, si je reviens un jour" sont les dernières lignes écrites à la hâte sur un bout de papier à l'un de ses professeurs du Lycée Jean de la Fontaine à Paris. Après le documentaire diffusé sur France 24, il y a trois ans, "Si je reviens un jour" est devenu le titre de l'ouvrage publié aux éditions Des ronds dans l'O.

Louise pikowsky portraitPhoto : Memorial de la Shoah

Louise avait 16 ans en 1944 et avait déposé, chez Anne-Marie Malindrey, son professeur de latin et grec, son cartable avec des lettres, avant d'être déportée avec toute sa famille à Auschwitz.

Elève exemplaire, d'une grande intelligence, Louise était juive. Son père, arrivé en France à 9 ans, avait fui, avec ses parents les pogroms d'Ukraine et avait  changé son prénom, Abraham était devenu Albert. La famille avait tout fait pour s'intégrer et était devenue française.

 

 

Marié à Brunette à Paris, Abraham avait  eu quatre enfants dont Louise. En 1942, il avait déjà été arrêté lors de la rafle du Vel d'Hiv et interné au camp Drancy dont il avait pu s'extraire. La vie de famille avait repris son cours dans l'angoisse, les humiliations, l'étoile jaune cousue sur les vêtements. Louise correspondait avec son professeur régulièrement. Anne-Marie Malindrey, sentant le danger proche, lui proposa de l'héberger. Mais les parents de Louise s'y étaient opposés, voulant garder la famille unie. 

Retrouvées par hasard dans un placard du Lycée  où elles avaient été soigneusement conservées, les lettres ont permis grâce à l'enquête de Stéphanie Trouillard de suivre le fil d'Ariane de cette histoire tragique et à Louise de renaître par ses écrits.

Délicatement tracé en images par Thibaut Lambert, cet ouvrage est à lire, à partager en famille ou en lecture accompagnée dès la fin des classes de primaire.

On notera enfin qu'il est en résonance avec l'exposition actuelle du Mémorial de la Shoah consacrée à "La voix des témoins" dont nous reparlerons lors de la réouverture de ce haut-lieu de Mémoire. Sans oublier, une actualité forte, le 26 avril, pour la Journée nationale du souvenir des victimes de la déportation.

Marie-Hélène Abrond

Publié le 15 avril 2020

En 2017, Stéphanie Trouillard avait réalisé un documentaire pour la chaine France 24 que vous pouvez visionner ci-dessous.

Ajouter un commentaire