Colette, une femme libre au cinéma

 

Sorti cette semaine, "Colette", le film du réalisateur britannique Wash Westmoreland raconte la vie de l'écrivain de son adolescence en Bourgogne jusqu'à sa séparation définitive d'avec son mari et mentor, Willy.

Un film brillant, en costumes dans des décors somptueux retraçant, au delà de la vie de l'écrivain, l'ambiance de la vie parisienne littéraire et artistique de la fin du XIXème siècle. Sur une superbe  musique de Thomas Adès, la comédienne Keira Knightley, lumineuse, volontaire incarne la jeune femme rebelle qui sera l'un de nos grands écrivains français.

Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire de la vie de Colette, ce film apparaît comme celui d'une émancipation féminine avant l'heure. Nous sommes en 1893, quand Gabrielle, jeune fille sans dot ayant toujours vécu dans un village épouse Willy, un éditeur parisien très en vogue dans les salons où elle croisera Anatole France, Proust ou Debussy. Timide,  mais dotée d'une intelligence fine et aiguisée,  la jeune femme comprend vite les enjeux de cette société où tout n'est qu'image. Trompée, elle fuit puis retrouve son mari qui avoue manquer d'inspiration sans elle et est financièrement ruiné. Naît alors l'idée de la jeune Gabrielle d'écrire ses souvenirs d'enfance...

"C'est la main qui tient la plume qui écrit l'histoire" affirme t'elle à Willy qui veut remodeler son premier ouvrage pour lui donner un parfum de scandale et ainsi le rendre plus vendeur.  C'est l'apparition de la série des "Claudine" signées de...son époux. S'ensuit une forme d'émancipation qui prendra plusieurs années. Gabrielle devient Colette menant une vie de liberté souvent jugée scandaleuse. Le couple résistera quelques temps encore avant que Colette ne veuille divorcer. Elle apprendra que tous les droits de ses livres ont été vendus au nom de Willy. "Ces livres, c'était ma vie. Je travaillais pour toi", lui assène t'elle.  Trahison amoureuse et morale et liberté trop longtemps réprimée, elle ajoutera :"Tu m'as façonnée, incapable de croire que je ne briserais pas mes chaînes". Willy demandera à son fidèle assistant de brûler les manuscrits afin de ne laisser aucune trace et éliminer tout risque de procédure... ce qu'il ne fera pas. Colette pourra ainsi récupérer la "maternité" de ses droits.

Un superbe film que la version originale sous-titrée ne doit pas effrayer.

Marie-Hélène Abrond

 

Colette

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