Lambert Wilson et Isabelle Carré sont à l'affiche de "De Gaulle", sorti mercredi et  réalisé par Gabriel Le Bomin. Un film fort, à ne pas manquer, à la fois historique et humain qui présente le futur chef d'état de la Vème République à une période charnière de sa vie: le moment où le colonel devenu général refuse la France défaite de 1940 devant l'Allemagne nazie et prend ses responsabilités d'homme libre. Envers et contre tous.

C'est un film intime et puissant. Celui de l'histoire d'un homme, un chef d'armée, un père, un mari. Incarné par Lambert Wilson, Charles de Gaulle est un "monument" dans l'histoire de la Seconde Guerre mondiale.

Le Colonel de Gaulle qui avait combattu sous les ordres de Pétain lors du premier conflit mondial refuse, en mai 1940, l'idée de la capitulation devant l'Allemagne d'Hitler. Mais ce n'est pas ce premier regard que nous offre à découvrir ce film émouvant.  On y rencontre d'abord l'homme, lors d'un déjeuner du dimanche en famille. Son épouse, Yvonne (incarnée par Isabelle Carré) entoure sa famille de sa bienveillance.  Il y a Elisabeth,  Philippe et la petite Anne qui souffre de trisomie, l'enfant qui rend le clan encore plus soudé face à l'adversité et lui donne le courage d'être fort. Car l'inquiétude règne autour de la table ce jour-là. On y voit un père protecteur des siens mais qui doit faire face à son destin, au chevet d'une France dont il s'inquiète pour sa liberté.

Malgré le soutien du Président du Conseil Paul Reynaud (Olivier Gourmet), sa nomination de général, des allers-retours avec Londres, des entretiens avec Churchill (Tim Hudson), la prédominance du Maréchal Pétain (Philippe Laudenbach) l'emporte. Voilà pour le côté historique passionnant, les tractations politiques souvent méconnues dans le détail car enfouies dans les faits les plus saillants de cette période troublée.

Au milieu de ces évènements politiques, la famille de Gaulle est emportée dans la tourmente et la fuite sur les routes de l'Exode. Yvonne protège les siens, parvient à communiquer avec Charles avec l'intime conviction de sa responsabilité face au pays : "Peut-être peux-tu agir sur les évènements; tu dois continuer", lui souffle t-elle. Tandis que Churchill lui assène à Londres : "Vous êtes seul. Les mots sont les seules choses qui vous restent." Et la pré-science de la réponse de de Gaulle : "Cette guerre sera mondiale".

Petit bout de femme, volontaire et discrète, soutien indéfectible de Charles, Yvonne brave tous les dangers et reste soucieuse du bien être de sa petite Anne qu'elle a toujours refusé de placer en institution, comme on l'avait conseillé au couple.

C'est bien le portrait intime d'Yvonne et Charles, l'inédit dans le film. Les lettres échangées, la pudeur des sentiments exprimés, les souvenirs de famille confiés par les proches, Anne de la Roullière et Yves de Gaulle, donnent à ce film le relief d'une double histoire d'amour: celle d'une famille et de son pays. 

Marie-Hélène Abrond

Publié le 9 mars 2020.

 

 

Commentaires

  • Jacques Van de Voorde
    • 1. Jacques Van de Voorde Le 09/03/2020
    Ce commentaire me donne envie d'aller voir ce film, bien entendu contré sur un personnage qui a tant marqué son époque.

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