Cette semaine, rendez-vous dans les coulisses de la télévision. Si vous allez assister au mythique "Questions pour un Champion" présenté par Samuel Etienne sur France 3, à 18h10, vous croiserez sans doute Thierry Métaireau, chargé de mettre l'ambiance dans le public et de vous expliquer la mécanique des tournages. Sans être dans la lumière, le "chauffeur de salle" est un pivot indispensable des programmes tournés en public demandant une passion pour le contact avec ceux qui découvrent l'univers de la télévision. Pour CulturActu, Thierry Métaireau, s'est donc prêté au jeu du "Questions-réponses". Entretien.

Vous êtes comédien, animateur, chanteur, vous ambiancez les émissions de télévision Comment est née cette passion ?

A 11/12 ans, je faisais des spectacles à la fin des repas de famille. Ma mère écrivait des textes. Je parodiais les hommes politiques. A l’école, quand j'allais au tableau, j’avais tendance à faire rire mes camarades. Au Lycée, c'est mon prof de Français qui m’a incité à faire du théâtre. J’ai joué dans une pièce de Jean-Michel Ribes. Le directeur du Conservatoire de Bordeaux était dans la salle et m’a poussé à monter sur scène car j’avais fait rire les gens.

Monter à Paris, c’était une nouvelle étape ?

Mon rêve c’était de toucher les émissions de télévision que je regardais comme Champs Elysées ou Stars 90 de Michel Drucker. Voir une pléïade d’acteurs et de chanteurs défiler sur un plateau avait quelque chose de magique. Ce fut mon déclic. A mes débuts, j'ai travaillé avec Chantal Ladesou, Bruno Salomone, Elie Kakou. Puis, Jacques Mailhot, Bernard Mabille... Les côtoyer a été une formidable expérience. Je les voyais jouer la comédie et vivre, l’oreille attentive, les yeux grands ouverts pour s’inspirer et amuser les gens.

Vous avez été gagnant de « Graines de stars », présentée par Laurent Boyer sur M6 … Une consécration ?

Paris c’était l’inconnu mais je sentais intuitivement qu’il y avait un lien avec le public. Cette réussite validait surtout ma pensée car 85 % des téléspectateurs avaient voté pour moi. J’avais un rapport direct avec eux. Cela m’encourageait à continuer.

Vous ambiancez des émissions de télévision en public, entre autres, comme « Questions pour un Champion » où vous travaillez depuis huit ans. Qu’aimez-vous dans ces moments ?

Le contact avec le public est mon moteur. On débute tôt le matin. En une fraction de seconde, j’ai ce petit "truc" qui fait que j’amuse très vite les spectateurs présents qui ont alors le sourire. L’ambiance est partie pour la journée. Ensuite, il faut accompagner l’animateur, en l’occurrence, sur cette émission, Samuel Etienne qui est formidable et puis créer une osmose quelle que soit la situation.

Votre façon de travailler a-t-elle évolué avec le temps ?

Aussi bizarre que cela puisse paraître, j’ai toujours eu le trac. Quand je jouais sur scène, je ne cessais de répéter mes rôles.  Improviser avec ma propre voix, alors que j’avais l’habitude de faire des imitations était un cauchemar. Lorsque Vincent Lagaf’ m’a proposé d’ambiancer Le Juste Prix , il fallait improviser.  Et travailler avec Christophe Dechavanne a aussi été un vrai défi. Tout va très vite avec lui. J’ai dû surmonter rapidement ce stress en m’entraînant.

Aujourd’hui, vous animez le spectacle du Cabaret « Oh!César ». Un défi différent pour capter l’attention d’un public de dîner-spectacle ?

Roger Boussinot, le cinéaste m’avait dit : « Si tu veux faire ce métier, il faut faire rire des gens à table. » Il n’y a pas de public plus compliqué. J’ai débuté au Don Camilo, une excellente école, en remplaçant de Sylvain Collaro On apprend une série de techniques sur le tas.

Qu’aimez-vous dans l’ambiance cabaret ?

Le cabaret permet de voyager dans le temps. Il y a  un aspect « bouffon du roi » typique des chansonniers qui m’amuse. Des gens viennent des quatre coins du monde. L’humour dépasse toutes les nationalités. Ce qui me plait, c’est la diversité des rôles: on peut chanter, animer, jouer la comédie, imiter, parodier, danser… Et on n’arrête pas d’apprendre.

Quelles qualités faut-il pour exercer ce métier ?

Etre à l’écoute de tout, du bien-être des personnes que l’on présente et rencontre. Il faut doser les ingrédients entre le public, l’animateur qui est dans la lumière. L’animateur chauffe aussi la salle. Des personnes comme Samuel Etienne ont ce sens de l’humour, du contact avec le public et rendent les choses agréables. La bienveillance avec le public, les équipes est essentielle.

Retrouvez Thierry Métaireau sur son site  et sa chaine YouTube Thierry présente ! des vidéos inédites car il est aussi passionné de voyages.

Marie-Hélène Abrond

 

 

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